[EN] Quels robots vivront demain autour de nous ?

[EN]

L’expert : Bruno Bonnell. Fondateur et administrateur de Robopolis, distributeur de produits robotiques, président de Syrobo (Syndicat de la robotique de service professionnel et personnel) et président d’Awabot.

Les robots anthropoïdes seront-ils nos compagnons ?
Bruno Bonnell : Les fantasmes ont la vie dure… Ici, en l’occurrence, c’est celui de l’humanoïde. Mais regardez ce qu’en pense Georges Lucas : c’est R2-D2, et non C-3PO qui est le plus utile aux humains car il sait faire beaucoup de choses : aider les pilotes, ouvrir les portes, transmettre des messages… On a envie de croire à ces anthropoïdes mais aujourd’hui, on en est très loin. R2-D2 fait des choses plus simples que C-3PO, qui conviennent mieux à une machine. A l’échelle des années à venir, c’est ce genre d’outils qui se développera car le rapport utilité/prix est plus atteint.

Les robots qui comprennent les émotionsAu Japon, les robots à forme humaine sont étudiés depuis longtemps et, aujourd’hui, ils dansent, à l’instar d’Asimo, de Honda… Ils sont également imaginés comme des compagnons et des aides pour les malades ou les invalides. Leur apparence leur permettrait une meilleure interaction avec les humains. On peut aller plus loin avec des robots capables de reconnaître nos émotions et de s’y adapter. Réalisé en France par la société Aldebaran, le robot Pepper explore cette voie. Humanoïde mais monté sur roulettes, Pepper repère les humains dans son entourage, les reconnaît grâce à leur visage, analyse leurs gestes et leurs expressions faciales. Il en déduit un état émotionnel, entre joie, surprise, colère, doute et tristesse, et modifie son comportement, par exemple, explique l’entreprise ” en essayant de vous remonter le moral en passant votre morceau préféré ». Le robot exploite une palette de comportements (gestuelle et timbre de voix notamment), note les habitudes des personnes de son entourage et pose des questions à un inconnu pour mieux le connaître. Pepper a été conçu à la demande d’une entreprise japonaise, l’opérateur de téléphonie Softbank qui a depuis acheté Aldébaran, et sera utilisé sur des points de vente pour accueillir les visiteurs.

Pourtant, ces robots androïdes commencent à apparaître. Sont-ils sans avenir ?Non, ils sont très utiles, et même indispensables ! Ce sont les Formule 1 de la robotique. Pour les réaliser, les ingénieurs se dépassent. Mais pour être un compagnon, un humanoïde devrait aussi connaître et comprendre énormément de choses sur son environnement. Imaginez tout ce qu’il faut faire pour obéir à cet ordre tout simple : ” va me chercher un verre d’eau fraîche ». Il faut déduire que l’eau est à trouver dans le réfrigérateur, aller jusque-là, l’ouvrir, repérer la bouteille d’eau parmi les autres, l’ouvrir, trouver un verre, etc.
A lire : Les robots, chirurgiens de demain ?

Le robot Pepper embarque une série de logiciels, notamment de reconnaissance des visages et des expressions faciales. Son objectif est d’accumuler de l’information sur les personnes qu’il connaît, par l’observation des gestes et par des questions qu’il pose, de tenter de déterminer leur état émotionnel et d’adopter un comportement adapté. Il représente une voie de recherche sur les interactions humains-robots. © Aldebaran
A quoi servirait donc un robot domestique ?
Il doit servir à des tâches précises pour lesquelles il est bien adapté : le lavage des sols ou des vitres, le jardinage, ou d’autres travaux ménagers. A l’avenir, on pourra ainsi avoir plusieurs robots par famille. Il ne faut pas tenter de reproduire un système antérieur avec une nouvelle technologie. Par exemple, nous avons fait une salle de conférence destinée à des robots de téléprésence : nous l’avons installée dans une cave et pas du tout comme une salle de conférence classique. Dans 30 ou 40 ans, le mobilier aura été adapté à la présence de ces robots. Les lits auront peut-être une hauteur standardisée pour que les aspirateurs puissent se glisser dessous. Les fenêtres seront conçues pour que les nettoyeurs automatiques puissent travailler facilement.

Ce robot est modeste : Roomba n’est qu’un aspirateur. Il apprend à connaître les pièces dont il s’occupe et il se débrouille ensuite tout seul. C’est la robotique d’aujourd’hui, conçue, pragmatiquement, pour des usages précis. © Robopolis.

La multiplication des robots imposera donc des changements dans nos environnements ?Oui. Cela se fera naturellement. Les voitures autonomes, par exemple, sont aujourd’hui des modèles classiques mais je suis sûr que dans le futur, leurs formes, leurs usages ou leurs performances seront complètement différents. Ces engins seront peut-être des cubes ou des sphères, ou autre chose, mais pas des automobiles comme aujourd’hui. L’infrastructure routière et les villes se seront adaptées à cela.
Pour aller plus loin
R3D3, la force du tri est en elle
Le robot Valkyrie, ce nouveau super-héros ?
Keecker, le robot-ordinateur de la maison
Navya, la navette électrique autonome
En partenariat avec

Source:: [EN] Quels robots vivront demain autour de nous ?