[EN] Paiement mobile : les smartphones pour remplacer notre porte-monnaie ?

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L’expert : Juliette Villeminot est directrice des études Shopper au sein de GFK Consumer Experiences. Dans le domaine des études de marché depuis plus de 15 ans, elle travaille sur la définition et la mise en œuvre de la stratégie de distribution des marques et l’activation en points de vente.

À quel besoin le paiement mobile répond-il ?
Juliette Villeminot : Le fait de pouvoir utiliser son smartphone pour payer de petits montants sans recourir à l’argent liquide est l’un des principaux avantages qu’offre cette technologie. C’est plus pratique pour l’usager qui n’a pas à se soucier d’avoir des espèces dans la poche et plus rapide car la transaction s’effectue en quelques secondes sans entrer un code. Cela permet aussi de gagner du temps dans certaines situations où des files d’attente se forment lorsque les clients veulent payer avec des moyens hétérogènes : par carte bancaire avec la saisie d’un code puis l’impression du reçu, en espèces avec le rendu de monnaie, etc. Mais le problème est qu’actuellement en France, les consommateurs ne sont pas suffisamment informés sur les bénéfices du paiement mobile alors que de nombreux services sont déjà opérationnels.
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Apple a pris tout récemment le virage du paiement mobile, en intégrant dans le nouvel iPhone 6 une puce NFC et en lançant conjointement sa plateforme de paiement mobile sécurisée Apple Pay. Pour le moment disponible seulement aux États-Unis, elle sera également compatible avec la montre connectée Apple Watch. © Apple
Peut-on tout acheter avec son smartphone ?
On dénombre 220 000 commerces dans l’Hexagone qui sont équipés pour le paiement sans contact, avec un smartphone ou bien une carte bancaire compatible. À cela s’ajoutent de nombreuses applications mobiles qui permettent de payer des biens ou des services directement depuis l’appareil. Je pense notamment à PayByPhone, une application gratuite grâce à laquelle on peut acheter ou renouveler son ticket de stationnement à distance, sans avoir à retourner à son véhicule. Elle fonctionne dans plus de 300 villes. Pour le paiement mobile, il y a des seuils. Les montants inférieurs à 20 euros peuvent être réglés sans entrer de code de validation. Au-delà de cette somme et jusqu’à la limite de 300 euros, le consommateur devra taper son code secret.
La technologie NFCLa NFC (Near Field Communication), ou communication en champ proche, est une technique de télécommunication par radio à très courte distance (moins de 10 centimètres). Elle permet le transfert de données entre deux appareils compatibles : échanges de fichiers entre un smartphone et un ordinateur, contrôle d’accès dans les bâtiments, consultation de bornes interactives, lecture d’étiquettes électroniques, etc. Mais le développement le plus important pour cette technologie concerne le paiement mobile. Un nombre croissant de smartphones et d’objets connectés intègrent une puce NFC avec la promesse de remplacer notre porte-monnaie et nos cartes bancaires pour régler les achats. Muni d’une application de paiement sécurisée, le client n’a plus qu’à approcher son smartphone d’un terminal compatible NFC pour régler sa baguette de pain, son ticket de bus, sa place de cinéma, etc.

Vos études révèlent un intérêt des consommateurs français, mais aussi des réticences…Pourquoi ce paradoxe ?
La sécurité est incontestablement le frein le plus important. 60 % des personnes que nous avons interrogées craignent pour leurs données personnelles. Cette tendance est particulièrement marquée chez les jeunes. C’est pour cela que l’implication d’une marque aussi puissante qu’Apple dans le paiement mobile va sans doute faire évoluer les choses dans le bon sens. Son choix de la technologie sans contact NFC et l’adoption d’un lecteur d’empreintes digitales pour sécuriser les transactions vont contribuer à clarifier le concept pour les utilisateurs. Mais les parties prenantes (commerçants, opérateurs, banques et fabricants) ont encore un gros travail pédagogique à fournir pour mettre en évidence les bénéfices quotidiens de cette solution qui finira par entrer dans les mœurs.

Le paiement à l’aide d’un terminal mobile n’est peut-être que la première étape vers un système totalement dématérialisé où notre corps suffira pour valider une transaction. En Suède, un étudiant de l’université Lund a inventé un système de paiement nommé Quixter qui permet de régler ses achats avec la paume de sa main. L’appareil utilise une lumière infrarouge pour lire le réseau veineux de la main, propre à chaque individu. © Quixter
Cette évolution vers le paiement mobile augure-t-elle d’un mouvement plus vaste qui pourrait conduire à la disparition de la monnaie physique ?À terme, nous arriverons à ce résultat. La dématérialisation de la monnaie est une évidence. Difficile cependant de dire à quelle échéance. L’une des tendances à long terme est l’utilisation de la reconnaissance des caractéristiques physiques par des systèmes biométriques. Prenez l’exemple récent du système biométrique Quixter qui utilise la paume de la main comme moyen d’authentification pour le paiement en scannant le réseau veineux. Un jour, il n’y aura peut-être même plus besoin d’un terminal pour effectuer un paiement, notre corps suffira…Sur le même sujet
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